Evaluation de l'événement

Edition 2012


Le Centre de la Mémoire Commune pour la Démocratie et la Paix, a inauguré, le mardi 19 Juin 2012 la première édition du festival du « cinéma de la mémoire commune » au complexe culturel de Nador et qui s’est étalée du 19 au 21 Juin. Une édition qui a eu pour thème « La Mémoire et l’Histoire dans les relations Maroco-Espagnoles », et qui a été l’occasion de rendre hommage à Messieurs Juan Goytisolo d’Espagne et Mohammed Nachnach du Maroc. Monsieur Moustafa Al-Khalfi, Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement, a inauguré la première édition du festival en présence de Monsieur Moustafa Al-Attar Gouverneur de la province de Nador, de Mohammed Sabbar Secrétaire Général du Conseil National des Droits de l’Homme, du réalisateur marocain Mohammed Ismaïl, de Monsieur Abd El-Kebir Hannou de l’Agence de l’Oriental, de Monsieur Mohammed Grine de la « Caisse de Dépôt et de Gestion » (qui a financé une partie de cette manifestation), ainsi que de nombreux acteurs et universitaires, principalement marocains et espagnols, dans le domaine cinématographique, culturel et historique. Le festival a connu une participation notable, grâce notamment aux nombreuses personnalités qui y ont participé.

Dans son mot d’ouverture, le Président du Centre de la Mémoire Commune pour la Démocratie et la Paix : Dr Abdessalam Boutayeb, a insisté sur l’importance de cette étape culturelle et artistique, des objectifs attendus de cette manifestation, ainsi que des conférences intellectuelles où sera débattu le sujet de « l’histoire dans les relations Maroco-Espagnoles ». En ajoutant par ailleurs que le Centre de la Mémoire Commune pour la Démocratie et la Paix, à travers l’organisation de cette première édition du festival, souhaite appliquer sur le terrain les recommandations de la conférence qui s’est tenue à Rabat le 1er Novembre 2011 et qui avait eu pour sujet « la relation Maroco-Espagnole et les enjeux méditerranéens » et ce ci en réfléchissant aux approches possibles pour la réécriture de l’Histoire Maroco-Espagnol. Le président a insisté pendant sa prise de parole sur le fait que « l’avenir des peuples est lié à l’approche de lecture de leur mémoire commune »

Le Ministre de la Communication et Porte-parole du Gouvernement a indiqué quant à lui, la volonté de l’Etat de promouvoir le cinéma au Maroc et de lancer une renaissance cinématographique nationale, et qui suppose le renforcement du soutien accordé à ce secteur qui a désormais besoin d’une bonne gestion, pour renforcer le cinéma marocain autant au niveau national qu’international.

Et ceci en conviant tous les acteurs du champ culturel pour réaliser un saut qualitatif capable de produire des approches cinématographiques œuvrant sur les sujets qui concernent la société. Monsieur le Ministre a aussi fait état de son admiration à l’idée d’organiser dans la ville de Nador une grande manifestation culturelle qui s’intéresse au cinéma de la mémoire commune entre marocains et espagnols. Surtout que cette édition a été l’occasion de rendre hommage à deux grandes figures de la relation maroco-espagnole : Mr. Mohammed Nachnach Président de l’Organisation Marocaine des Droits de l’Homme, et l’écrivain espagnol Juan Goytisolo.

Le festival du cinéma de la mémoire commune a connu tout au long de sa durée, la projection d’importants films documentaires marocains et espagnols, qui ont abordé la question des relations maroco-espagnoles d’angles différents. Les salles ont été aussi, après chaque projection, le théâtre de débats profonds entre de grands historiens et penseurs, marocains et espagnols.

Les résultats

Le film « Arhaj », réalisé par le marocain Tarik Al idrissi d’Al-Hoceima et l’espagnol Javier Rada de Barcelone, a récolté la moitié des prix du festival de la mémoire commune. Les deux réalisateurs ont essayé d’évoquer, à travers ce film, la dimension historique de la relation maroco-espagnole à travers l’histoire commune tout en adoptant une approche objective lors du traitement de la résistance rifaine à la colonisation espagnole, en utilisant un ensemble de documents et l’archive française concernant cette période : ces document montrent les conséquences de l’utilisation d’armes chimiques sur le Rif, mais aussi d’autres informations importantes recueillies auprès de spécialistes, de militants des droits de l’Homme et d’acteurs associatifs.

Le public a apprécié le film, et l’a montré à travers la note que le jury du public lui a décerné, en plus de consensus de tout le jury des médias constitué du journaliste Mohammed Oussar, du photojournaliste Tarek Chami, du journaliste Mohammed Allali, de la directrice du journal « al oubour » Nabila Hadifi et la journaliste télé Yousra Tarek. Le film a aussi eu l’approbation du grand jury.

Les résultats ont été comme suit :

Le grand prix :

« Arhaj » de Tarek Alidrissi et Javier Dara avec une mention spéciale pour le film « A l’autre rive de la mémoire » de José Sanchez Monti et Julio Sanchez Vega

Le prix du jury des médias et du public :

« Arhaj » de Tarek Alidrissi et Javier Dara

Le prix du centre Académie :

« A l’autre rive de la mémoire » de José Sanchez Monti et Julio Sanchez Vega

Prix de l’avenir :

« Al khasiroun » de Idriss Debbagh

La commission d’évaluation

Les participants marocains de la première édition du festival du cinéma de la mémoire commune, se sont rassemblés le samedi 15 septembres à 15 heures dans les locaux de l’Association Arid, Association Rif pour la Solidarité et le Développement, pour évaluer cette première édition du festival de la mémoire commune qui s’est tenue à Nador du 19 au 21 Juin 2012 et pour étudier les possibilités de travail futures, en adoptant une approche particulière permettant de profiter de l’expertise des acteurs nationaux et internationaux pour œuvrer à la réussite de la prochaine édition.

Ont été présents lors de ce colloque des membres du jury du festival, des experts et des critiques, qui ont salué les efforts fournis, lors des journées du cinéma de la mémoire dans sa première édition et qui avait pour thème : La Mémoire et l’Histoire dans les relations maroco-espagnoles, pour rendre hommage à Messieurs Juan Goytisolo et Mohammed Nachnach. De plus, un ensemble de points importants ont été débattus, et qui pourraient permettre des améliorations lors de la prochaine édition du festival, ainsi la plupart des participants ont insisté sur la nécessité d’ouvrir le festival aux cultures différentes de nos pays voisins de l’Afrique du nord, et qui partagent avec nous la même Histoire et la même mémoire, comme l’Algérie à titre d’exemple, et ne pas se borner au voisin espagnol comme unique axe de travail, ceci pour éviter d’épuiser les sujets communs et pour ne pas négliger les autres pays avec qui nous partageons une mémoire commune.

Le centre à travers ses invités a aussi débattu de la possibilité d’organiser des journées cinématographiques itinérantes, qui ne se focaliseraient pas seulement sur la ville de Nador, mais comprendraient aussi la ville d’Al-Hoceima à raison d’une édition par ville eu égard à la proximité géographique et historique commune, alors que la majorité des participants ont plutôt préconisé que dans le cas d’éditions futures, il faudrait insister particulièrement sur la ville de Nador, pour que le nom du centre soit associé à la ville, ce qui permettra une accumulation de savoir et d’expérience, surtout que la ville a été depuis des décennies négligée, la population n’ayant pas accès à ce type d’activités culturelles, car la région ne dispose pas de salles de cinéma.

A été aussi évoqué la possibilité de prolonger la durée du festival, pour disposer de plus de temps pour la projection des films mais aussi pour les discuter sur le plan académique, avec une élite bien informée sur le secteur cinématographique et ses particularités, à savoir des cadres, des chercheurs et des universitaires du Maroc et de l’étranger, pour enrichir le festival et lui donner un rayonnement académique.

Les invités ont aussi débattu de la date idéale pour la tenue du festival en insistant sur la nécessité de choisir la date adéquate pour la prochaine édition en évitant de la faire coïncider avec les autres festivals ; une date qui permettrait au plus grand nombre d’assister à ces journées cinématographiques. Mais il faut aussi communiquer tôt sur cette édition pour faire parvenir la nouvelle du festival cinématographique au maximum de gens de la population locale et des environs de la ville de Nador, selon une méthodologie bien définie pour bien choisir l’intermédiaire idéal entre le centre et la population. Tout ceci pour enrichir l’édition et lui donner la stature qu’elle mérite.

Le centre a aussi travaillé lors de son dernier colloque sur son rôle d’encadrer les transformations politiques que connait le Maroc, dans un contexte qui a vu l’élargissement de la marge des libertés mais aussi celle des revendications, il faut dès lors se tourner vers la région du Rif pour participer dans la dynamique d’expression dans la région, et mettre le festival dans le contexte des objectifs du centre de la mémoire commune, pour lui donner un rayonnement régional. Le centre a aussi débattu la possibilité de donner aux associations locales l’opportunité de suivre ce type de manifestations culturelles, en insistant sur la nécessité d’organiser des conférences de presse et de contacter les sites internet pour annoncer la date et le lieu des prochaines journées cinématographiques, pour attirer un public nombreux grâce au rôle important que jouent les sites internet dans la communication entre différents acteurs, de tous âges.

Les spécialistes présents ont attiré l’attention sur plusieurs points, concernant le volet technique, sur lesquels il faudrait insister pour la réussite des prochaines éditions : comme la mise en place de règles qui régissent la participation des films aux compétitions du festival. Et choisir de nombreux thèmes et ne pas se borner à un seul sujet, et dans ce cadre de nombreux titres ont été proposés tel que : « le printemps démocratique arabe », « la paix et la démocratie, l’amour et la haine », « l’identité commune », « la mémoire juive marocaine », ceci pour sortir du cadre régional vers le cadre universel des droits de l’homme. En plus d’autres points comme la nécessité de travailler dans les ateliers pour mieux réussir le festival, donner une valeur ajoutée pour éviter la redondance, porter plus d’intérêt aux expositions organisées en marge du festival, en se concentrant surle capital de l’édition, pour éviter d’épuiser le sujet de la mémoire commune maroco-espagonle, et travailler sur les techniques de communication, de négociation et de persuasion.

En plus de faire attention aux ressources, mais aussi préparer intensivement, inviter des acteurs européens avec des expériences particulières qui pourraient donner un nouveau souffle aux prochaines éditions, et puis se concentrer sur les écoles cinématographiques du pourtour méditerranéen et ne pas se contenter des pays voisins tel que l’Espagne et l’Algérie. Conclusions primaires :

  • L’adoption des propositions des invités et particulièrement :
  • Continuer à tenir le « festival du cinéma de la mémoire » dans la ville de Nador, et le considérer un festival annuel.
  • Organiser la deuxième édition vers la fin du mois d’avril de la prochaine année, avec pour thèmes « les migrations, les droits de l’Homme, et la diversité culturelle du monde méditerranéen »
  • Le nom du festival a été choisi : « festival du cinéma de la mémoire commune »
  • « Le centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix » a été confirmé comme organisateur du festival.
  • Prolongation de la durée du festival à 5 jours, en plus de la nécessité d’organiser les activités parallèles avec un grand professionnalisme.
  • Organiser la direction du festival selon les standards internationaux.

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    Sponseurs du festival

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