Argumentaire

Le cinéma au pluriel : la mémoire des femmes africaines

Nouvelles perspectives


Dix ans après sa création, le Centre de la mémoire commune pour la démocratie et la paix entre, en 2018, dans une nouvelle phase en élargissant l’horizon de ses préoccupations et en approfondissant le champ de ses recherches. Certes, ses principaux points de repères comme la défense des droits de l’Homme, le rapprochement entre les peuples, les cultures et les religions, la consolidation des principes démocratiques et le recours au dialogue pour concilier les différentes visions du monde demeurent immuables. Cependant, les nombreuses rencontres scientifiques, organisées dans le cadre du festival international de l’an amazigh (Meknès) ou le festival international de cinéma et mémoire commune (Nador) auxquelles ont pris part des spécialistes, des chercheurs et des activistes d’obédiences diverses ont permis de développer des réflexions qualitatives qui ont débouché sur des recommandations et surtout des actions.

Le dernier colloque en date, en l’occurrence "Le dialogue des cultures et les questions identitaires" qui s’est tenu à Meknès les 26 et 27 janvier 2018, à l’occasion des festivités relatives à l’an amazigh 2968, peut être considéré comme un tournant décisif dans les orientations du Centre. Le bureau national a pris la décision d’adapter l’ensemble de ses activités académiques et culturelles, au moins pour les cinq prochaines années, à l’esprit de la déclaration de Meknès, document rédigé après la clôture des travaux dudit colloque et qui en est la quintessence.

Si, par le passé, l’expression "le choc des civilisations" a eu un succès retentissant dans les quatre coins du globe et a fonctionné pendant une longue période comme un fil d’Ariane pour analyser les relations internationales, on a tendance actuellement, dans nombre de cercles intellectuels et chez plusieurs penseurs avisés et impartiaux, à lui préférer "dialogue", voire "cohabitation" et "rapprochement" des civilisations". Dorénavant, le dialogue des mémoires, des identités et des cultures sera, pour le Centre, un thème fédérateur.

Ayant acquis beaucoup de maturité dans son évolution notoire, le Centre veut rallier le cortège des chantres de la paix dans le monde, ces voix qui appellent, sans se décourager, à la sagesse, à la compréhension de l’Autre, à la résolution des différends et des malentendus par des démarches civilisées, à la relecture de l’Histoire pour refaçonner les mentalités, loin du fanatisme, de l’extrémisme, de la violence sous toutes ses formes et de l’incompréhension volontaire ou accidentelle.

Motivations supplémentaires

Tout en respectant le cinéma en tant qu’art libre, et loin de toute ambition de politiser un événement artistico-culturel ou le mettre au service de ses objectifs juridiques, le Centre a la conviction que le septième art peut servir le principe du vivre ensemble et surtout convaincre de son utilité. Plus encore, il suggère, à l’occasion de la tenue de la 7ème édition du FICMEC, de faire des festivals de cinéma au Maroc un levier des valeurs humaines nobles et un prétexte pour promouvoir le dialogue des cultures et des peuples.

Pourquoi le thème de cette année ?

Dans le même ordre d’idées, on relève que l’histoire contemporaine du Maroc retient de profondes leçons qui découlent des discours mémorables de feu sa majesté Hassan II, le roi visionnaire. En décrivant le Maroc comme " un arbre dont les racines sont en Afrique et les branches en Europe", le roi défunt a balisé le chemin aux générations futures.

L’Europe (et donc implicitement les pays du bassin méditerranéen) a constitué, pendant longtemps, un partenaire privilégié du Maroc sur tous les plans. Les séquelles du protectorat français, la proximité géographique, l’émigration et la constitution de fortes communautés marocaines dans les pays d’accueil, la formation des premières élites dans les écoles et les universités européennes sont, entre autres, les principaux facteurs qui avaient favorisé les branches par rapport aux racines.

Mais la nouvelle politique extérieure du Maroc, menée par Sa Majesté le Roi Mohamed VI a (re) mis l’Afrique sur le devant de la scène, continent aux énormes potentialités naturelles et humaines. Le Centre qui a entamé, depuis l’année précédente, une nouvelle stratégie basée sur l’exploration d’autres aires de la planète en s’éloignant de son environnement immédiat, trouve dans ce retour aux sources une bonne aubaine.

Après le pourtour méditerranéen et l’Asie par le biais de l’Inde (le thème de la 6ème édition du FICMEC était la mémoire des eaux océanes), le Centre célébrera en 2018 l’Afrique à travers ses femmes.

Nouveautés

La 7ème édition du FICMEC se distingue principalement par deux importantes innovations :

1- Conformément à la nouvelle stratégie du Centre, les films documentaires de la compétition officielle seront sélectionnés non en fonction du thème de l’édition en cours, mais sur la base d’un autre critère, à savoir le dialogue en tant que :

* Contrepoids au choc.

* Force promotrice du droit à la différence.

* Antidote contre les identités fermées.

Ni le temps, ni l’espace ni les divergences de tous genres n’ont pu tenir face à la ferme volonté de concrétiser un jumelage exceptionnel artistique, intellectuel et même spirituel entre deux cultures différentes mais qui ont un point commun : la passion des images.

2- La création d’un troisième prix qui sera réservé aux courts métrages qui traitent le thème de l’édition (La mémoire des femmes africaines).

Abdeslam Bouteyeb: Vice-président - Directeur du festival



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