Sécurité et démocratie en Afrique


Nador 8 Mai 2015

Actuellement, le continent africain est au centre des préoccupations mondiales du point de vue des ressources naturelles et sur les plans économique et sécuritaire. L’Afrique est devenue un pôle de croissance mondial et un marché qui sera constitué de 2 milliards d’habitants à l’horizon 2050. En plus, elle est le deuxième exportateur de pétrole et recèle de richesses naturelles telles que les minerais surtout rares utilisés dans les industries électroniques.

1 - La stabilité et la sécurité en Afrique :

L’intérêt mondial accordé à l’Afrique a contribué à mettre en exergue des problématiques stratégiques comme la sécurité et les mutations démocratiques, à travers lesquelles se sont constituées des politiques internationales et régionales.

En Afrique, la sécurité est tributaire du développement et de la paix, par conséquent l’instabilité et l’insécurité coûtent très cher. Durant les dernières années il a été constaté la recrudescence des crises politiques et sécuritaires à cause de l’absence de moyens qui permettent la détection des conflits dans leur stade embryonnaire malgré l’existence d’une instance au sein de l’Union Africaine chargée de la paix et de la sécurité. Cependant, cette dernière semble dépassée par les événements dans plusieurs régions. C’est pourquoi relier la stabilité et la sécurité au développement social et économique est une condition sine qua non pour passer à une nouvelle phase de construction des sociétés africaines.

La configuration des zones de conflits dévoilent à priori le rapport entre la situation économique et sociale d’un côté et la montée en flèche de la violence d’un autre côté, comme c’est le cas de la république centrafricaine, l’est du Congo et la république du Soudan du sud. Aussi, la problématique de l’Etat et ses prérogatives dominent dans certaines parcelles du continent, exemple du Nord du Mali où l’absence de l’Etat a autorisé la constitution de mouvements djihadistes et de réseaux de crime qui ont franchi les frontières dans le Sahara du centre.

A son tour l’est de l’Afrique n’a pas échappé aux problèmes liés à la sécurité. L’impossibilité de mettre sur pied un Etat en Somalie et l’hégémonie du mouvement des jeunes djihadistes a eu des répercussions négatives sur la sécurité en Somalie, au Kenya et en Tanzanie, sans parler du Soudan du Sud qui peut être considéré comme un mort-né à cause des conflits ethniques et l’intervention de plusieurs pays comme l’Afrique du Sud et l’Etat sioniste. Il est probable aussi que de nouveaux foyers de conflits naissent en Afrique orientale.

2 - Les questions de la démocratie dans le continent africain :

Certains pays africains connaissent une stabilité forte ou relative qui découle d’une bonne gouvernance et de l’adoption de régimes basés sur les institutions. Il apparaît que les pays du sud de l’Afrique ont été les premiers à réussir le passage vers la démocratie. De leur côté, le Ghana, le Sénégal et le Cap Vert connaissent une stabilité politique et sécuritaire dans le cadre d’approches économiques participatives.

Les régimes à succès en Afrique subsaharienne ont élargi le champ politique aux collectivités, aux ethnies et à la société civile, ce qui a participé à l’ancrage de la démocratie. La privation et l’exclusion sociales et économiques sont des entraves à la démocratie et créent les conflits alors que la bonne gestion des ressources conduit vers la stabilité.

D’autres expériences dans le continent ont montré que la stabilité économique des individus et de la société en général, l’autosuffisance et la contribution des individus et des groupes est un facteur principal de paix et un moyen pour combattre la pauvreté. Les pays de l’Afrique du Nord ont connu également des troubles sociaux après le printemps arabe. Si certains ont pu les dépasser, d’autres cherchent encore une issue au milieu d’une anarchie complète. A titre d’exemple de grandes zones au sud de la Lybie abritent différents types de mouvements djihadistes, des réseaux de trafic d’armes, de drogues et d’émigration clandestine. Cette situation influe négativement sur la sécurité des pays de la Méditerranée, du Sahel et du Sahara.

Le Maroc a su mettre en œuvre une batterie de réformes politiques et constitutionnelles, créant ainsi un changement qui garantit la stabilité tant au niveau social que sécuritaire. Son histoire atteste de la pérennité des instances gouvernantes qui s’adaptent aux tournants décisifs, la création dans les années 90 de l’Instance Équité et réconciliation (IER) en est une illustration.

Quant à la Tunisie, elle constitue l’exception en réussissant à contourner les écueils du printemps arabe car les élites politiques, syndicales et civiles ont accusé le choc pour inaugurer l’ère de la construction des institutions politiques et constitutionnelles et rédiger des textes-références qui ont fédéré toutes les puissances autour de visions communes.

Axes à débattre :

1 - Paix et conflits en Afrique :

  • Foyers des tensions et configuration des conflits en Afrique
  • Mouvements djihadistes et crime transcontinental
  • Rôle des organisations régionales, continentales et internationales dans la stabilité du continent.

2 - Réconciliation et phases transitoires.

3 - Démocratie participative, institutions et bonne gouvernance:

  • Expériences démocratiques en Afrique
  • Systèmes de bonne gouvernance en Afrique

Président de la table ronde : Habib Nassar - ICTJ | Intervenants : des experts de l’Afrique et du monde.
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